LE CHIEN DE NOEL

LE CHIEN DE NOËL

Un beau matin ensoleillé, une dame est venue me voir ; moi, mes frères et sœurs, et mes parents.
Elle me prend dans ses bras et on part dans une « boîte qui roule ».
Je suis tout seul, il n’y a plus ma maman, mes frères et sœurs. J’ai peur. Il y a du bruit et des odeurs que je ne connais pas. Je sens déjà un terrible manque.

La « boîte qui roule » s’arrête. On entre dans une maison.
A l’intérieur, il y a des humains (je crois qu’on les appelle comme ça) qui discutent. Ça sent bon, il y a plein de lumières qui brillent, et des boîtes colorées partout.
Deux petits d’hommes se jettent sur moi pour me prendre dans leurs bras. Ils crient ! Ils tapent dans leurs mains !
Je tremble, je remue la queue, je baisse les oreilles, la tête, détourne le regard pour leur dire « stop, doucement, je ne suis pas tranquille ».
Bizarre ces humains, ils ne comprennent pas… Pourtant mes frères et sœurs comprenaient eux.
Je passe de bras en bras, on me couvre de caresses, de bisous. Moi, j’aimerais juste que ça s’arrête, qu’on me laisse tranquille ; j’ai peur.

Je sens quelque chose de chaud couler ; ça fait du bien ! Tout à coup, l’enfant qui me prenait dans ses bras se met à hurler et moi, je reçois une tape sur le cul.
Bizarre, quand l’enfant pleure, on me met une tape et les humains ne semblent pas contents. Maintenant, quand un enfant pleurera, j’aurai peur.

Quelques instants plus tard, un monsieur me prend dans ses bras et me met dehors. Il fait froid, je suis tout seul dans cette grande étendue verte que je ne connais pas. J’aboie plaintivement pour signifier mon inconfort. Personne, personne pour me rassurer. Je reste là un bon moment à regarder le ciel et l’herbe qui bouge.

J’ai froid. Enfin quelqu’un sort et me passe un truc autour du coup avec une ficelle.
Qu’est-ce que c’est ? Je tire, je ne peux pas partir. On m’appelle, alors j’avance, mais je ne comprends pas. J’ai peur.
Je me retrouve pour la deuxième fois de la journée dans cette drôle de « boîte qui roule ». J’ai peur, je couine, une dame me caresse : j’ai donc raison d’avoir peur.

La boîte s’arrête et je me retrouve par terre sur un sol jaune… Qu’est-ce que c’est ? J’apprendrai plus tard qu’il s’agit de sable. Et là, on va marcher, marcher… Je ne peux pas sentir le sol, un enfant tire sur la ficelle pour que je cours.

Enfin, quelqu’un me prend dans les bras. Je retourne dans ce truc qui roule et on arrive dans ce qui est ma nouvelle maison.

Un peu plus tard, quelqu’un vient me donner à manger. Il était temps : j’ai faim, je suis fatigué.
C’est bon, mais ce n’est pas ce qu’on me donnait avant avec mes frères et sœurs.
Les humains partent. On me laisse enfin dormir. Les bruits, les lumières s’éteignent ; je me retrouve tout seul. J’ai peur, j’aboie, personne ne vient, je me sens seul. Je couine une bonne partie de la nuit, jusqu’à ce que finalement épuisé et solitaire, je m’endorme.

Pour les humains, c’était Noël, jour de joie et de fête.
Pour moi, le chien de Noël, mes plus beaux cadeaux auraient été calme, tolérance et compréhension…

Audrey Watrigant
Comportementaliste
Spécialiste de la Relation Homme / Chien
www.chienattitude.com


Date de dernière mise à jour : 22/01/2017

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